Compte rendu de la table ronde sur la non violence éducative par l’Arbre à Bébés, branche de Vichy

La Violence éducative : La fessée

Dans le code de la route, les panneaux  « Danger » ne cherche pas à culpabiliser  mais à signaler un danger réel et donc à  lui rendre service. Se sentir coupable d’avoir frappé est  normal, comme s’excuser et chercher  comment éviter cela par la suite.

La violence éducative ordinaire rassemble les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants, dans les familles et institutions.

85 % des Français pratiquent gifles et claques, mais la violence éducative c’est aussi :
– l’amour conditionnel
– Le chantage, menaces,
– les punitions ( mise à l’écart compris)
– humiliations, injures,..
-la confiance rompue, la comparaison avec un autre.

Tout ça, pour dit-on,  « éduquer » un enfant. Mais pourquoi éduquer ne rime pas avec violence? Peut être parce que l’on peut faire autrement….

Ce qui a longtemps justifié les châtiments corporels : 

Au départ, on disait que l’enfant portait en lui le mal, pour l’extirper il fallait le frapper, allant pour certains jusqu’au meurtre.
Puis la vision a été que l’enfant est un petit animal qui doit être dressé et domestiqué. Coups indispensable mais à petits doses.
Plus récemment, on a reconnu que les coups ne sont pas une bonne solution mais on dit qu’on ne peut pas faire autrement  qu’en donner.
L’esclavage et d’autres raisons ont permis de continuer ce cercle vicieux.

Des violences qui sont non efficaces :

Dans l’immédiat l’enfant va souvent obéir plus par peur. Un enfant frappé est rarement plus docile qu’un enfant non frappé. Il faut savoir qu’il y a un pic de violence entre 18 mois et 4 ans normal, amplifié entre 2 et 3 ans.

Les lésions possibles :

Secouer le bébé : perte de vue, lésions  au cerveau et parfois mort
Claque : perforer le tympan, traumatismes  oculaires
Fessée : Nerf sciatique, coccyx, organe  sexuels peuvent être atteints par des  coups violents. Les hôpitaux rendent  compte fréquemment de coccyx disloqués  et contusions génitales suite à des  châtiments.
Frapper sur les mains : particulièrement vulnérable. Ligaments, tendons et vaisseaux sanguins sont juste sous la peau et ne comportent aucun tissu protecteur. Spécialement dangereux pour les petits enfants par rapport à leur croissance (déformations, fractures, dislocations,…)

Conséquences sur l’enfant devenu adulte :

Selon l’étude de l’OMS publié en 2002 :
La santé de l’enfant  : toxicomanie,  tabagisme, arrestations pour violences,  prise de risque, retard de développement,  trouble de développement, manque  d’empathie, stress, mutilations, mauvais  résultats,…
A long terme  : suicides, cancer, affections  pulmonaire, fibromyalgie, syndrome du  colon irritable, maladie du foie,….

Interférences sur les comportements de l’enfant :

Comportement d’imitation :
3 conditions pour transmettre un comportement violent :
– que les enfants admirent et aiment leurs modèles,
– que les modèles réussissent à changer le comportement de l’enfant,
– qu’ils les emmènent à croire que les punitions sont méritées

Conditions souvent remplies dans la relation parente enfant

Comportement de sauvegarde :
– Un enfant battu ne peut pas fuir comme le ferait tout être vivant
Conséquence : hormone du stress attaque l’organisme et peut provoquer de mini lésions au cerveau. Une étude a été réalisée sur des rats. Certains d’entre-eux étaient stressés d’autre non. Lorsqu’ils ont été autopsiés, les rats stressés avaient des organes explosées tandis que les rats non stressés étaient parfaitement normaux.

Comportement d’attachement :
– Perversion qui lie l’amour à la violence
– Confessions Jean Jacques Rousseau devenu masochiste suite à une fessée
– Une enquête réalisée auprès d’utilisateur de sites sado masochistes a démontrée qu’ils avaient quasiment tous été « violenté » étant enfant.

Comportement de soumission :
– soumission face à l’autorité.
– personnes faisant des choses qu’elles ne veulent pas faire, mais contraint d’obéir pour le « bien » de la communauté ( génocides,…)

Moi j’ai été frappé et je vais bien

– Est-ce que cela prouve un bon équilibre intérieur de trouver normal de frapper plus faible que soit ou accepter qu’il soit frappé?
– Les hommes qui battaient ou battent des esclaves, les hommes qui battent leurs femmes sont-ils des modèles d’humanité? Nous ne trouvons pas cela normal pourquoi serait-ce le cas pour un enfant? Nous ne trouvons pas normal de frapper une personne très âgée qui aurait une fuite urinaire pourquoi le contraire pour un enfant? Lorsqu’un ami invité renverse un verre à table, est ce que vous le frappez?
– Est-il logique d’apprendre à ne pas frapper en frappant?
– Va-t-on recommander la cigarette parce que des fumeurs sont en bonne santé?

Notre tolérance est le signe même de sa nocivité. Le même traitement infligé à un adulte ou une personne âgé justifierait de porter plainte. Tous les enfants frappés ne frappent pas, beaucoup ont la chance de rencontrer des gens sur leurs routes qui sont bienveillantes. Ou l’amour des parents.

Le neurologue Antonio R. Damasio approuve l’idée que la façon dont sont traités les enfants peut expliquer nombre de comportements aberrants et cruels propres à l’humanité et qu’on attribue bien à la légère à la « nature humaine ».

Comme le dit Alice Miller : Toutes les victimes ne deviennent pas des bourreaux, mais tous les bourreaux ont été des victimes.

En France, le médiateur pour enfants a  recommandé d’interdire les châtiments  corporels, prenant pour argument la  campagne du Conseil de l’Europe et, pour  la première fois, les châtiments corporels  sont devenus un sujet de débat public  grâce à une vaste couverture médiatique  nationale.

Projet de loi en attente depuis 2009.

 

Et ailleurs, en négatif :
Afrique : on met du poivre dans les yeux
Maroc : doigt sur le bord du tiroir et l’on ferme
Maghreb : frappe à coups de bâtons la plante des pieds
Nouvelle Calédonie : ensanglante les jambe à coups de raies séchées
Sénégal : charbons ardents dans l’oreille
En France : il est arrivé qu’on ligote sur une chaise, empêche d’aller aux toilettes,…
Canada : asseoir sur de la glace.

 

En positif : 23 pays ont interdit les châtiments corporels aussi bien dans la famille que dans les institutions, aucun n’envisage un retour aux anciennes méthodes

Suède ( 1979), Finlande (1983), Norvège (1987), L’Autriche ( 1989), Chypre ( 1994),  Danemark (1995), L’Italie (1996),Lettonie (1998), Croatie (1999), Israël ( 2000), Allemagne ( 2000), L’Islande (2003), …

Pour conclure :

Un enfant qui subit le chantage, fera du  chantage
Un enfant menacé, menacera
Un enfant puni, punira
Un enfant humilié, humiliera
Un enfant injurié, injuriera
Un enfant violenté, violentera
Un enfant frappé, frappera
Un enfant aimé sous condition n’aimera  que sous conditions.

Pourquoi les enfants sont-ils la seule  classe sociale qu’il est admis de frapper et  traiter plus violemment que les machines?

SANS FESSEES COMMENT  FAIRE ?

Quelques suggestions :
Comprendre son enfance.
Abandonnez l’idée que votre enfant vous  manipule.
Réconfortez votre bébé / enfant et  répondez à ses besoins quand ce dernier  les manifeste.
Ne jamais laisser seul votre bébé/enfant  pleurer. Restez avec lui, il a besoin de  vous.
Pour traverser une émotion difficile. Si  écouter vous met en colère, n’hésitez pas  à faire appel à votre entourage.
Un enfant sais quand il a froid, faim, soif,  ne tentez pas de  réguler  ses besoins,  cela lui permettra de faire ses propres  expériences.
L’enfant grandit et commence à se  déplacer… Il veut toucher à tout pour son  développement personnel….

 On peut éviter bien des crises en aménageant et en adaptant l’environnement en conséquence.

Accompagner dans ses  expériences
Quelques idées ( à partir de 2 ans) : il  aime participer, n’hésitez pas à lui donner  des activités ( balayer, laver légumes,….).  Un enfant concentré et votre vigilance  sera moins nécessaire.
Si vous ne voulez pas qu’il touche un objet  que vous ne voulez pas qu’il touche,  trouvez lui en un moins dangereux.
Quand il pleure de frustration, écoutez ces  manifestations sera très dure certaines  fois mais il est important de l’accompagner.
Il est essentiel de protéger votre enfant du  danger, le contenir peut aider, intervenir  physiquement mais doucement, et des  explications claires et concises.
Lorsqu’un enfant commet une maladresse, il peut réparer tout simplement. Veillez à ce que cette réparation soit compatible avec son âge et son développement. Proposez lui de l’aide.
Le jeu est un moyen efficace de se connecter avec lui et de lui donner de l’attention.

Vos besoins, quoi faire quand la  colère est là ?
Isolez vous si possible.( taper sur un  coussin, partir faire un tour,…).
Respirez profondément.
Grognez comme un animal sauvage.
Téléphonez à un/une amie.
Eloignez de votre enfant si vous sentez de  la violence.
Une fois la colère passée, trouvez d’où  elle vient et l’expliquez.
Voir d’autres parents pour pouvoir parler des moments difficiles.
Sortir.

Le réservoir affectif
Nous en avons tous un, lorsqu’il est plein  notre seuil de tolérance est très haut.  A l’inverse nous devenons moins compréhensifs.
Pareil pour un enfant, lorsque ses besoins  sont comblés il est joyeux, coopératif,… A l’inverse il va devenir agressif, c’est un  appel au secours.

ETAPES DE  L’ACCOMPAGNEMENT  RESPECTUEUX

1. Respecter l’émotion.
2. Ecouter.
3. Accepter et Comprendre.
4. Moi aussi / Dédramatiser.
5. Chercher ses ressources intérieures et  extérieures.
6. L’aider à libérer son énergie.
7. Satisfaire son besoin d’information.
8. Elaborer plusieurs réponses face à la  peur.

Pour plus d’informations :

Mon article sur l’annonce de cette table-ronde avec des liens pour vous aider.

L’Arbre à Bébés, association Loi 1901

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