Tout a commencé lorsque je me suis intéressée à l’une de mes branches auvergnates…

La plupart des actes d’état civil sont facilement trouvable pour remonter dans la lignée grâce aux archives en ligne du Puy de Dôme…
Je remonte donc la lignée de puydômoise de mon grand-père paternel, à Apchat puis Vichel. Lorsque je tombe sur une faille…

L’acte de décès de l’un de mes ancêtres, Jean VARENNE, date du 4 octobre 1830 à Vichel (63) mais il est mentionné l’hôpital maritime de Toulon.

Première question : Pourquoi l’hôpital maritime de Toulon ?

Jean VARENNE était un cultivateur, et toute sa famille, son fils compris vivait à Vichel ou dans un village pas très loin (Apchat).

Deux dates sont indiquées dans cet acte : le 23 août puis le 21. Après plusieurs heures de travail à tenter de décrypter les termes, de l’aide des groupes Facebook spécialisé en généalogie je finis par découvrir que le décès de mon ancêtre Jean VARENNE date du vingt-et-un août, qu’il a été retranscrit dans un acte de décès à la mairie de Toulon le 23 août 1830.

Après plusieurs heures de recherches sur l’hôpital maritime de Toulon, je finis donc par déchiffrer « 23 août », me voici donc partie à la recherche d’un acte de décès dans les archives en ligne du Var.

Je le trouve assez facilement (surtout lorsque l’on voit le temps que j’ai passé à déchiffrer l’acte du 4 octobre…) et je découvre donc que mon ancêtre Jean VARENNE est bien décédé le 21 août 1830 à l’hôpital maritime de Toulon.

Toujours cette question, pourquoi Toulon ? Pourquoi dans un hôpital maritime ?

A ce moment de l’histoire, le doute s’installe mais je ne veux pas mettre la charue avant les boeufs, je préfère continuer mes recherches avant d’affirmer l’idée qui commence à germer dans mon esprit…

En lisant mieux la fin de l’acte, on s’aperçoit que la déclaration est réalisée par 2 gardiens de marine.
Après une petite recherche sur cet ancien métier, j’apprends donc qu’ils étaient gardiens du bagne de Toulon et que l’hôpital maritime était l’endroit où mouraient les bagnards.

Jean VARENNE avait donc été condamné au travaux forcés (au bagne), c’était donc un forçat (ou bagnard)…

Voici quelques bribes d’histoires sur l’hôpital maritime de Toulon (Tirées de ce site ) lors du passage de mon ancêtres :

« En 1826 on construisit le bagne à l’emplacement du bâtiment K  actuel, et le 26 mai 1830, une commission, nommée sur ordre du Ministre de la Marine, constate « que les travaux touchent à leur fin (…) et que tout sera complètement terminé en fin d’année 1830″. »

« Entre 1830 et 1880, l’hôpital connut une période d’activité intense à la suite des épidémies de typhus de 1830 à 1833, de choléra de 1835 à 1837 puis de nouveau de typhus en 1845. »

Pour en savoir plus sur le bagne de Toulon : Wikipedia

Me voici donc à la recherche d’un jugement le concernant dans les archives du Puy-de-Dôme pour apprendre la cause de cette condamnation, quelle a été celle-ci (travaux forcés à perpétuité, à temps ou de la réclusion), si Jean VARENNE a vécu l’exposition publique au regard du peuple avec un écriteau au dessus de sa tête portant son identité et sa condamnation comme c’était le cas à cette époque (article 22 du Code pénal impérial français)…

Les archives en ligne du Puy-de-Dôme n’ont pas encore la série U sur le site internet, je prends donc note de devoir m’y déplacer. En attendant, je me dis que consulter les journaux seraient peut être une bonne idée…

Et quelle bonne idée !

Grâce au site de la Presse Locale ancienne de la Bibliothèque nationale de France je retrouve un journal « L’Echo de la Cour Royale de Riom » qui était un journal d’annonces judiciaires, administratives et particulières du département du Puy-de-Dôme. N’ayant pas de date précise je décide de commencer par les journaux déjà numérisé et en ligne sur le site de Gallica. Grâce au moteur de recherche je tombe rapidement sur un article concernant Jean VARENNE voleur et incendiaire.

Jean VARENNE a été déclaré non coupable pour l’incendie par manque de preuves, mais il a été déclaré coupable sur le second chef d’accusation : le vol avec escalade.
Il a été condamné à dix ans de travaux forcés et à l’exposition.

En attendant de faire d’autres recherches dans différents journaux, il ne me restera plus qu’à retrouver la date exacte du jugement pour pouvoir le consulter aux archives départementales.

Après plusieurs heures de travail sur cet ancêtre je crois pouvoir dire qu’il sera l’une de mes enquêtes les plus passionnantes depuis le début de mes recherches généalogiques !
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